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Quelle est l'empreinte écologique de notre consommation de bière ?

En 2007, un analyste travaillant pour le «Food Climate Research Network» a essayé de comptabiliser les émissions de CO2 liées à la consommation d'alcool en Grande-Bretagne. Cette étude prenait en compte la bière, le vin, et les spiritueux mais ne releva aucune différence notable entre eux quant à l'intensité des gaz à effet de serre. Les émissions générées par le vin étaient «légèrement moins importantes» que celles engendrées par la bière, même si l'auteur souligne que les différences infimes relevées étaient situées dans la marge d'erreur de l'étude. On notera cependant que cette étude a été réalisé en Grande-Bretagne, qui importe plus de la moitié des vins consommés sur son territoire.

En France nous produisons la quasi totalité du vin que nous consommons. L’empreinte carbone due au transport sera donc relativement variable en fonction de la zone géographique où le vin est consommé étant donné que sa production reste très localisé dans la moitié sud de la France puisque les vignes ont besoin d’ensoleillement.

À l'inverse, le houblon nécessaire à la production de la bière peut quant à lui pousser en climat océanique, semi-océanique et continental, donc pour ainsi dire partout en France. Le malt nécessaire lui aussi à la fabrication de la bière est une céréale germée obtenue par une opération simple pour produire certaines enzymes nécessaires à la saccharification de l’amidon, et donc, à la fabrication de l’alcool lors de la fermentation. Généralement c’est de l’orge qui est utilisé bien que le froment, le blé ou le seigle s’y prêtent également. Il est donc possible s’approvisionner très localement en choisissant la culture de céréale locale, qui souvent détermine les spécialités de chacune de nos régions.

La bière peut et est produite quasiment partout en France comme le montre cette carte des brasseries françaises, il est donc possible de consommer local afin de réduire les émissions de CO2 causées par les transports.

Carte des brasseries Françaises

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Intéressons nous maintenant à l’emballage. Si vous désirez vous fournir chez votre brasseur local et que votre ville dispose d’un bon système de tri sélectif des déchets il serait préférable d’opter pour l’emballage en verre et à l’inverse si elle vient de loin autant choisir la fameuse canette aluminium. On tient à rappeler qu’une bière sera « meilleure » à déguster en bouteille puisqu’elle est généralement refermenté lors de sa mise en bouteille. On notera tout de même qu’un demi pression sera toujours l’option la plus écologique.

En 2009 la brasserie New Belgium s’intéressa au calcul de l’empreinte carbone lors de la production d’un pack de 6 « Fat Tire », une bière ambrée. Ce calcul prenait en compte absolument tous les processus nécessaires à la fabrication, en y intégrant aussi bien les émissions de dioxyde de carbone lors de la culture de l’orge que celles émises lors de la fabrication et le transport des bouteilles en verres. L’étude conclut ainsi que le total d’émission de C02 pour ce pack de 6 bères est égal à 3 188.8 grammes, ce qui équivaut à 1,39 litres d’essence brulée.

Répartition des émissions

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On remarquera dans leur calcul qu’ils estiment la distance moyenne de transport d’un pack à 793 Miles, une distance donc assez longue, qui lorsque leur produit est consommé localement (dans un rayon de 50km) permet d’éviter un rejet de 260 grammes de dioxyde de carbone. On notera aussi dans leur calcul que la réfrigération en magasin des bières n’est absolument pas une pratique courante en France et qu’elle permet donc un gain de près de 900 g de CO2.

Vous remarquez alors qu’en choisissant de boire une bière locale, en plus de soutenir l’artisanat local, vous permettez d’économiser près de 1 160 grammes de CO2 rejeté correspondant à plus de 36% des émissions totales de CO2 sur l’ensemble des processus de fabrication d’un pack de 6.


Sources :
Slate - Bière ou vin pour la planète ?

New Belgium - The carbon footprint of Fat Tire amber ale

Carte des brasseries Françaises